Compte rendu de la Conférence de Rémi DELATTE
sur le thème « les jeunes face à la crise économique » du
22-04-09
Voici la synthèse de Raymonde VIBOUD
(Secrétaire Départementale
PR21).
Le contexte économique : la crise
mondiale
« Crise inattendue, soudaine,
d’envergure mondiale, aux conséquences sans précédent et
imprévisibles, qui n’épargnent pas la jeunesse »
–sujet de cette soirée-. La France est mieux positionnée que
d’autres pays : N. SARKOZY a pris les mesures
nécessaires pour réagir rapidement et favorisé la réussite du
dernier G20 qui devrait permettre de mieux réguler la finance. Il a
également confié à M. HIRSCH, Haut Commissaire à la Jeunesse, le
soin de faire des propositions pour aider les jeunes à surmonter
cette situation, notamment en matière d’emploi. Le Plan
Jeunes devrait sortir ces jours-ci. Les jeunes POP ont de leur côté
rédigé un Livre Blanc sur le sujet.
Problèmes qui en
découlent :
On peut s’attendre à 300.000 chômeurs
de plus cette année et 25 % de jeunes sans emploi. Mais compte tenu
de la diminution des entrées sur le marché du travail (génération
qui arrive moins nombreuse que la précédente), du nombre important
de départs à la retraite, nôtre situation devrait moins se
dégrader que celle d’autres pays.
Parallèlement, les entreprises ne vont pas
recruter (en période de crise elles ont plutôt tendance, si elles
ne sont pas contraintes de licencier, à attendre une conjoncture
meilleure). De ce fait, au moment où la reprise s’annonce,
celle-ci est « bridée » par ce défaut de recrutement
anticipé ce qui ne favorise pas la relance
espérée.
Par ailleurs, certains secteurs
d’activité peinent à recruter (bâtiment, cafés/restaurants
par exemple) car ils pâtissent d’une mauvaise image auprès
des jeunes (et souvent de leurs parents). Les pouvoirs publics
soutiennent ceux qui sont pourvoyeurs d’emplois tels que les
services à la personne, les HCR…
Propositions :
Il est prévu de faire accéder 200.000 jeunes
de plus à l’emploi pendant la crise en
développant
La formation : 7.200 places en écoles de
la 2ème chance, offre plus large de formations pour les jeunes de
niveaux V et VI, développement des formations sanitaires et
sociales, réforme du lycée, réforme des
universités…
L’apprentissage : augmentation du
nombre de places d’apprentis, revalorisation de leur
statut…
La formation en alternance (contrat de
professionnalisation),
En favorisant
l’intérim,
En poussant à l’anticipation des
recrutements pour les jeunes diplômés,
En lançant le service civique à une grande
échelle…
Moyens et
financement :
Création d’un fonds
d’investissement social et de contrats aidés (rôle important
de l’Etat),
Aide aux entreprises afin de ne pas alourdir
leurs charges,
Sollicitation des groupes du CAC 40 pour le
recrutement anticipé de jeunes diplômés,
Emprunt garanti par l’Etat pour les
entreprises qui les rembourseraient sur cinq
ans,
Système de bonus-malus pour les entreprises
qui respecteraient une sorte de « quota »
d’embauches des jeunes (principe un peu similaire à celui des
handicapés)…
Débat :
Les participants ont posé le problème de
l’Université qui ne professionnalise pas assez (transmission
de connaissances mais insuffisamment de partenariats avec les
entreprises) (rappel par R. DELATTE de la LRU qui devrait permettre
une meilleure professionnalisation).
Ils ont également posé le problème de
l’orientation au lycée (voire au Collège) et la nécessité de
mettre en place des stages dès le lycée. (R. DELATTE rappelle la
réforme des lycées qui a été reportée mais non
annulée).
Un participant a soulevé le problème de cercle vicieux : pas
de logement, pas d’emploi, pas de logement. (R. DELATTE
signale les efforts faits par les Foyers des Jeunes Travailleurs,
par exemple à Dijon, qui accueillent les jeunes pour 3 euros par
jour –chambre et petit déjeuner-. Cette initiative pourrait
être développée dans d’autres
communes).
Un jeune signale les dérives en ce qui concerne les stages :
de nombreuses entreprises profitent des stagiaires et les occupent
sur des emplois stables. De ce fait, il est d’autant plus
difficile de trouver un CDI, voire même un CDD. Il souhaiterait que
les stages soient mieux encadrés par la loi afin de limiter ces
effets d’aubaine.
Est posé également le problème du coût du permis de conduire ;
le défaut de permis limite la recherche d’emploi. Le permis à
1euro par jour ne semble pas être un succès. Quelqu’un
suggère de reprendre l’idée d’une municipalité qui
verse le montant à une auto-école et, en contrepartie, demande au
jeune d’effectuer des heures de travail pour la municipalité
(dans des maisons de retraite, des EPAD,
…).
Ce fût une conférence
très conviviale et riche en pistes...
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